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Porcheron, et affin d'éviter au dommaige qu'ilz pourroient faire aux terres semées, s'ilz passoient par icelles, et ce par provision, jusques ad ce que autrement en soyt ordonné, et sans despens d'une part et d'autre.
Dud. jour.
Au jour d'huy, au Bureau de la Ville, après avoir veu le present appoinctement, a esté ordonné à me Gilles Le Coingneulx empescher visitation estre
DU BUREAU                                              [i563]
faicte des lieulx dont est question, mais requerir que deux de messieurs de la Court se transporteront sur les lieulx pour voir si l'ediffice que l'on veult faire est saillye ou non, pour en faire leur rapport à la Court, actendu qu'il n'est besoing de congnoistre si lad. saillye est incommode ou non, parce que par edict toutes saillyes sont deffenduës, et où on voul-droyt passer oultre, de apeller. Faict l'an et jour que dessus.
CCCXLVIIl. — Pour le Havre de Grace.
8 juin i563. (Fol. ig4 v°.)
Df, par le Roy.
"Très chers et bien amez, voyant, quelque instance de sommation que nous ayons peu faire à l'endroict des Anglois pour la restitution en noz mains et obeis­sance de la place du Havre de Grace qu'ilz nous oc-cuppent, et satisfaire en cela à la prommesse que en a cy devant faicte la royne d'Angleterre, nous n'en pouvons neanlmoings avoir aucune raison'1', à ceste cause, considerans de quelle grande importance et consequence nous est le recouvrement de lad. place, nous nous sommes resolus, pour ne laisser plus longuement fermer ce pied aux Anglois sur noz li­mittes, d'employer pour ce toutes les forces et moyens qu'il a pleu à Dieu nous donner avant que nous ne reduissons à nostre obeissance et dechaissions lesd. Anglois. Et pour ce que l'excecution de ceste entre-prinse ne se peult faire sans y employer une grande force, pour l'exploict et enterinement de laquelle il nous est très necessaire promptement recouvrer de comptant une bonne somme de deniers, ce que nous ne pouvons faire si tost que le besoing le requiert, sy nous ne sommes en cela secourus et aydez par ceulx qui en peuvent avoir le moyen, nous avons sur ce faict appeller nostre trés cher et bien amé le Pre­vost des Marchans de nostre bonne ville et citté de Paris, auquel, après avoir faict entendre ce que dessus, et le desir que nous avons d'estre par luy et vous secourruz jusques à cent mil escuz de comptant par constitution de rente, avecq les seurettez pour le
remboursement de lad. somme que nous luy avons proposées, nous luy avons donné charge de vous le communicquer et faire entendre le tout, affin d'en estre par vous prinse une bonne et prompte resolu­tion, laquelle nous vous pryons et neanlmoings or­donnons et enjoignons nous esclarsir tout le plus tost que faire ce pourra, et au demeurant croyre ce que vous dira en cest endroict led. Prevost de ma part. Quant ausd, seurettés, à l'observation desquelles nous vous prometons quîl ne se trouvera aucune difficulté ou retardement, vous priant de rechef que continuant les bons et grandz oiEces et démonstra­tions de vostre zelle et affection envers nous, dont vous avez ordinairement usé, et considerant que ceste occasion me importune de rien moins au bien, prof­fict et utilité publicq de nostre ville de Paris que de tout le reste de nostre royaulme, vous ne nous voul-liez abandonner â cest besoing, nous faisant ung tel et sy grand service en ceste necessitté que nous estimerons celuy dont nous vous rechercheons pour en avoir perpetuelle memoire et souvenance.
«Donné à Paris, ce huictiesme jour de Juing mil cinq cens soixante troys. ■»
Signé : CHARLES.
Et au dessoubz : Robertet.
Et au dessus desd, lettres est escript : A noz très chers et bien amez les Prevost des Marchans el Eschevins de nostre bonne ville et cité de Paris.
Cl Par une dépêche du 3o avril, Charles IX annonçait la conclusion de la paix à la reine Elisabeth et la mettait en demeure de lui restituer le Havre de Grâce. La reine d'Angleterre répondit le 7 mai en faisant valoir ses droits sur Calais, prétendant conserver le Havre jusqu'à la restitution de cette place; tel est le point de départ des négociations qui se prolongèrent jusqu'au mois de juillet. M. La-ferrière, dans son volume Le XVI' siècle et les Valois, p. 126 et suiv., raconte toutes les tentatives d'accommodement faites à la cour d'Angleterre par l'ambassadeur français Paul do Foix (voir à ce sujet les dépêches de Catherine de Médicis et de Charles IX en date du 17 mai), les entrevues de l'ambassadeur anglais Smith avec la Reine-Mère, enfin la mission de Florimond Robertet, s' d'Alluye, auprès d'Elisabeth, mission qui échoua complètement, la reine d'Angleterre ayant déclaré qu'à ses yeux la prise du Havre